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Entreprises / Entreprendre Choisissez bien vos sous-traitants par Bruno MINIER Je me souviens d'un fait qui m'a marqué pendant longtemps et m'a bien servi de leçon. J'avais acheté une très belle parcelle de châtaignier, avec des perches bien hautes et propres, nettes de défauts notoires. On pouvait en tirer un pourcentage très important de longueurs de 2 mètres. Et du reste des billes de très nombreux piquets. C'était une de mes premières exploitations. Tout s'était bien déroulé. Le bûcheron avait fini son travail. Le débardeur avait suivi sans tarder et sans creuser de sillons avec son tracteur. Son travail était à la hauteur de sa réputation : nickel. En fait, j'ai encore l'image dans ma tête de sa façon de travailler : c'était un homme toujours calme, qui ne s'énervait jamais et travaillait toujours à la même allure. Il était équipé d'un Tracteur Mac Cormick, léger, avec une remorque pour les rondins courts, 105 et 125, et il tirait les perches au câble. Tout était parfait, alors pourquoi ne pas pousser plus loin mon exploitation et l'améliorer au maximum ? Il y avait à proximité une petite scierie équipée avec un vieux matériel qui semblait bien entretenu. Le scieur d'une quarantaine d'années, que j'avais rencontré à plusieurs reprises, semblait sérieux et surtout il travaillait à façon. À façon, cela veut dire que son travail était payé au m3 de bois débité. C'était donc sans risque. Il était même si près de la coupe qu'avec son tracteur il pouvait aller chercher mes perches. On s'accorde sur un prix. J'étais ravi. J'allais pouvoir valoriser mes perches au maximum et en tirer de belles planches que tout le monde s'arracherait. Il va chercher mon bois. Le range sur son parc. Et m'annonce : « revenez dans une semaine, tout sera débité ». Je rentre chez moi en pensant que j'étais en train de changer de dimension : je ne vendais plus des rondins mais des planches, sans avoir pour autant l'installation d'une scierie. Je reviens une semaine après : ce n'était pas prêt. « Mais revenez dans une semaine : tout sera scié. Cette semaine, j'ai eu de vieux clients qui m'ont apporté des grumes urgentes à scier. » Je reviens comme convenu et je regarde mes épaisseurs de planche. Pas une seule n'avait la même épaisseur. Il devait me sortir de belles planches épaisses, en deux dimensions différentes, et là aucune n'était conforme. On s'engueule ; il me dit que c'est à prendre où à laisser... Que voulez-vous faire ? J'ai payé et vendu mon bois à un prix inférieur à ce que j'en attendais. Que s'était-il donc passé ? Sa scie était mal réglée, le ruban flottait légèrement, et pour tout arranger, la lame était mal aiguisée. Bref, ce scieur était mauvais et je ne l'avais pas vu. Ses clients, tous agriculteurs, n'apportaient pas une attention particulière à l'épaisseur de leurs planches car elles étaient destinées au bardage brut (cloisons extérieures) de leurs étables. Or moi j'avais besoin de planches bien calibrées. Une telle mésaventure ne pourrait a priori pas se reproduire car les petits scieurs ont disparu. Revaloriser ses bois reste une opération intéressante mais sensible. Si vous voulez faire scier vos bois, prenez quelques précautions. CONCLUSION : - Choisissez soigneusement vos sous-traitants. - Établissez un contrat indiquant les épaisseurs que vous voulez retirer de vos bois : il peut s'agir de carrelets et de poutres pour la construction, de volige pour vos toitures, etc. Les scieurs sont devenus de vrais professionnels très bien équipés. Ils savent ce que l'on peut sortir par grume : il suffit de se mettre d'accord sur vos objectifs et surtout ne pas multiplier les épaisseurs qui vous interdisent de disposer de lots de sciages homogènes. Visitez le site
Source de l'article : http://www.freemag.fr/?expert=Bruno_Minier ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
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