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    Constitution : "I have a dream...."
    par Sylvie LAMPE   





    J'ai fait le rêve que nos dysfonctionnements, qui aboutissent aujourd'hui à une faillite économique, sociale et humaine, nous amenaient à redéfinir notre constitution...

    I HAVE A DREAM.... D'UNE NOUVELLE CONSTITUTION

    Politiquement, économiquement, culturellement et humainement, la France est pauvre ou s'appauvrit. Ce n'est pas nouveau, et ce n'est pas le simple fait d'un seul dirigeant ou parti politique associé.
    Que nos dirigeants soient de droite, gauche, centre ou extrêmes et ce, quelles que soient leurs alternances, ils ont creusé la tombe de la France au même titre que tous les pays européens industrialisés depuis l'après deuxième guerre mondiale.
    Les modèles de croissance ont été faussement établis à court ou moyen termes sur la base d'une reconstruction qui aurait fatalement une fin.
    Les modèles de croissance étaient, dès le départ, pervertis.

    Les constats sont au-delà de la simple alarme, notre Tsunami économique et social est passé laissant derrière lui :

    - des régimes de répartitions moribonds . Dès leur mise en place, on savait que la démographie en croissance par conjoncture (après guerre) allait baisser, diminuant à portion congrue les cotisants, d'autant que l'industrialisation à l'extrême avait l'effet pervers visible immédiat de réduire les besoins en terme d'employés.

    - des marchés boursiers misant sur l'intangible d'une valeur et le valorisant hors de toute proportion saine, au-delà du consistant. (Les commissions des marchés au lieu de réguler ont cédé aux pressions de modes et de marchés d'opportunités. Les spécialistes ne suivant pas les technologies sont incapables de décoder les prévisions des sociétés de hautes technologies.)

    - Une dictature du marketing, de l'apparence, inaccessible aux petits industriels. Cette propension à diriger les masses vers les produits « markettés », a induit un mouvement inéluctable vers des monopoles évidents ou cachés. S'introduire dans un marché concurrentiel demande à franchir des obstacles que l'état lui-même dresse devant les créateurs d'entreprise qui, pour simplement émerger, doivent payer des taxes sociales surdimensionnées, des impôts, surtaxes... à telle hauteur que sa cause est perdue d'avance.

    - Un marketing politique propulsant à tour de rôle ces quelques « têtes » de file qui se sont réparti le pouvoir depuis leurs inscriptions aux partis dans lesquels ils atterrissent souvent plus par stratégie que par réelle conviction ou idéologie.

    - Un "Bac pour tous" aboutissant à une sur-diplomisation au détriment des métiers manuels et des métiers de vocation dévalorisés. Pour atteindre cet objectif la France a baissé ses niveaux scolaires, nous permettant aujourd'hui de voir arriver sur le marché de l'emploi des ingénieurs ne sachant plus écrire, des docteurs sans emploi et nombre de sur-diplomés sans vocation réelle, prenant les emplois de ceux qui avaient de vraies vocations à grands coups de CV impressionnants mais vides d'expérience et d'envie de travailler.

    - une telle accumulation de devoirs, charges et taxes que le « chacun pour soi » s'est développé au détriment de la solidarité nationale.

    Le constat d'un désengagement de tous devant un tel mur infranchissable d'incohérences joue en faveur de cette même incohérence.

    Tout ceci peut-il changer ?

    Comment remobiliser les français autour d'un sauvetage qui n'est pas la préoccupation majeure des dirigeants ?

    Comment faire que nous ne vivions plus l'impunité d'une classe politique « auto-protectionniste » et que ces mêmes politiques réintègrent la société française, ses risques et ses défauts pour en prendre la bonne mesure avant de faire des changements malheureux à l'aveuglette ?

    Comment faire en sorte que, comme nous le vivons depuis plusieurs mandats présidentiels, nous ne soyons plus contraints de voter pour le moins pire, ou même que nos abstentions et votes blancs prennent un réel sens civique ?

    J'ai fait un rêve... Il demande à ce qu'un groupe de dirigeants ait l'honnêteté de faire le constat d'échec et d'impasse dans lesquels la France est prise au piège.
    Ce rêve demanderait de changer la constitution.

    Une constitution où :
    - les français voteraient pour une liste et non plus pour un représentant omnipotent qui nous ferait vivre la valse de ses faveurs. (Les municipales mobilisent mieux parce qu'elles sont réellement interactives).
    - les votes blancs auraient une réelle valeur de vote et où leur majorité imposerait alors de remplacer les leaders et listes gouvernementales associées
    - il n'y aurait plus de privilèges acquis à vie (lorsque que les acquis de tous sont en danger y compris celui de vivre)
    - la campagne présidentielle ne serait plus autorisée que sur les panneaux municipaux et sur des programmes et listes écrits et par courrier, et un seul débat télévisé pour chacun
    - les budgets et salaires de l'état seraient déterminés à l'avance sans privilège d'enveloppe (au noir)
    - un budget de représentation et réception déterminé en fonction du PIB et non plus au bon vouloir du bénéficiaire. (Pas de recette pas de nouveaux vêtements (tout ménage applique cette logique))
    - le moindre fait délictueux prouvé évincerait celui ou celle qui l'a commis.
    - les Ministres seraient responsables de leurs erreurs et auraient à trouver des solutions en lieu et place de pâles explications ou excuses.
    - le Sénat et la Cour des comptes auraient un réel pouvoir de sanction au-delà du constat des débordements et/ou erreurs de gestion.

    Un organe de gestion de la France qui aurait les mêmes enjeux qu'un comité de Direction d'une Société avec des objectifs de rentabilité qui impactent le social, et non plus l'inverse qui est une utopie même en temps de choux gras. Un état qui ne limite pas la générosité des individus et les autorise sans limite à participer sur le sol français à la solidarité nationale, que seuls les dons à l'étranger soient plafonnés. Un état qui laisserait à chacun une chance de bénéficier des fruits de son travail. Un état où l'on reconnaitrait la propriété de chacun et notamment celle de son argent et son patrimoine, laissant libre le citoyen de confier ou non l'argent qu'il gagnerait à un organisme financier. Un état qui négocierait le remboursement des pertes financières des français lorsque des institutions bancaires leur imposent le silence et un mouchoir pour pleurer. Un état ou les institutions et les grandes maisons d'état (impôts, URSSAF...) seraient obligées de démontrer les erreurs ou fraudes avant de les faire payer sans état d'âme ruinant parfois des sociétés entières et faisant vivre un combat inégal et destructeur entre particulier ou petite entreprise et organe d'état.

    Que l'état se mette enfin au niveau de ses citoyens, accessible aux français au service desquels il est sensé agir et non pas l'inverse. L'état devrait être l'employé de tous les français et non l'inverse.

    Que l'état démontre sa reconnaissance d'être rémunéré par les français au lieu de l'agonir de charges, le rendant exsangue, tandis que lui-même se met à l'abri de toutes vicissitudes du commun.

    La notion de droits et devoirs s'est inversée pour un Etat imposant un modèle descendant sur toutes les nouvelles générations qui ne vivent plus que pour leurs droits sans jamais accepter aucun devoir en regard. Le premier modèle d'un citoyen est son gouvernement. Les troubles qui s'amplifient en matières sociale, professionnelle, humaine sont les conséquences évidentes d'un état qui va mal et qui rejette ses responsabilités en n'endossant plus aucun devoir moral, de gestion et de respect. L'Etat s'est mis à l'abri de ce qu'il fait vivre à ses citoyens, comment dès lors avoir le moindre respect ni la moindre considération pour ce qu'il impose sans avoir l'inquiétude de le vivre un jour ?

    Si la France veut reprendre sa place de modèle européen, ce sera peut être au prix d'une modification profonde qu'elle serait la première a opérer.

    Pour cela il faut que certains creusets de pensées et d'idées nouvelles se manifestent, non pré-mâchées par l'ENA, autres "grandes écoles" ou loges, qui s'arrogent le privilège de les former dans le même moule rigide et inefficace aujourd'hui.
    S.L.

    Lorsque que l'échec est là, comme un mur devant lequel on se cogne, l'intelligence demande de renoncer et de repartir sur un autre projet. Nos politique, société, économie, règles morales et loi sont en échec... L'intelligence de la France se démontrerait par le choix de nouveaux modèles.

    Source de l'article : http://www.freemag.fr/?expert=Sylvie_Lampe

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