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Voyages / Destinations Le tourisme et l'industrie du sexe en Thailande par herve FREDERIC Qu'en est-il véritablement ? L'analyse du Dr Suteera Thomson, présidente de la Société pour la promotion du statut de la femme en Thaïlande, et éminente spécialiste de l'industrie du sexe en Thaïlande, est claire : "Le nombre des touristes étrangers, clients de prostitué(e)s, est faible. Si nous fondons grossièrement nos calculs sur le nombre de personnes se livrant à la prostitution, celui des clients par jour, et celui des touristes étrangers en Thaïlande, j'observe que la majorité de la clientèle est constituée d'hommes thaï ; les étrangers forment une infime pro¬portion. Toutefois, ces derniers apparaissent de manière plus flagrante, en raison de la concen¬tration du commerce de la prostitution destinée à un public étranger, dans des secteurs facilement identifiables comme les hotels de Pattaya ou bien les hotels de Phuket. Des chiffres statistiques sont difficiles à réunir, mais des estimations fondées suggèrent qu'au moins 95% de tous les contacts prostituée-client dans ce pays se limitent à des ressor¬tissants thaï. Il suffit de visiter n'importe quelle maison de tolérance thaï pour se rendre compte que les étrangers constituent une petite minorité de la clientèle, ou même qu'ils n'y sont pas présents du tout. Dans l'ensemble, on estime que les hommes thaï fréquentent les pros¬titué(e)s environ dix-huit millions de fois chaque année — ce qui génère des revenus équiva¬lents à près du double du budget gouvernemental annuel —, d'où les difficultés a statuer sur un aspect économique de portée considérable. En 1998, un rapport de l'Organisation inter¬nationale du travail estimait que 2 à 14% du PNB pouvait provenir de la prostitution (comme aux Philippines, en Malaisie ou en l'Indonésie), de même que les prostituées thaï contribuaient davantage au développement rural que tous les programmes gouvernementaux réunis. D'où cette recommandation : légaliser la prostitution, pour mieux la contrôler, aider les femmes à justifier leurs revenus et augmenter l'assiette des contributions nationales. En 1992, le gouvernement a présenté une loi tendant à décriminaliser la prostitution dans l'espoir qu'il serait plus facile pour les prostitué(e)s de chercher un conseil ou un suivi médi¬cal sans la crainte de poursuites judiciaires. Cette loi n'est toujours pas entérinée, mais en juin 93, le Premier ministre, Chuan Leekpai a pris des mesures de répression pour les prostitué(e)s âgé(e)s de moins de 18 ans. Cette loi a eu des résultats quantifiables, sans pour autant évin¬cer les mineurs de ce métier. La même année, un rapport du département d'État américain sur les droits de l'homme stipulait que le pourcentage de prostitué(e)s thaï âgé(e)s de moins de 18 ans (actuellement 11%) se révélait bien inférieur à celui de l'Inde, du Bangladesh, du Sri Lanka ou des Philip¬pines, autant de pays accusant un revenu par habitant inférieur à celui de la Thaïlande ; ce qui laissait supposer que la pauvreté, et non les moeurs, constituait un facteur déterminant de l'âge de prostitution en Asie. Selon l'ECPAT (Organisme luttant contre la prostitution, la pornographie et le trafic des enfants à des fins sexuelles), les principaux pays d'Asie concernés par la prostitution infantile en 1998 étaient le Japon, l'Inde, le Sri Lanka, le Cambodge, l'In¬donésie et les Philippines. Les statistiques de l'Unicef montrent que les États-Unis, pour ne citer qu'eux, abritent davantage d'enfants prostitués — à la fôis en nombre et en proportion (300 000 sur une estimation d'un million dans le monde entier) que la Thaïlande. Parmi les régions du globe où l'on pense que le commerce du sexe infantile s'est propagé de façon encore plus sensible qu'en Thaïlande, citons la Russie, l'Europe de l'Est, l'Amérique centrale et de nombreuses parties d'Afrique. Comme pour le Sida, en Asie, la Thaïlande fait office de précurseur, en s'attaquant de plein fouet au problème de la prostitution des moins de 18 ans. Rien qu'en 1993 , 313 ressortissants étrangers ont été condamnés pour sévices sexuels sur personnes mineures en Thaïlande : soit deux fois le nombre des étrangers appréhendés pour ces délits, dans tout le reste de l'Asie, de 1990 à la fin de l'année 1992. En 1996, le gouvernement a encore renforcé les lois sur la prostitution des mineurs, en étendant le champ des sanctions aux rabatteurs et aux tenanciers de maisons de passe. Depuis 1998, la Thaïlande fait partie des seules 28 nations ayant adopté un plan national d'action à l'égard du commerce sexuel des mineurs. Selon la réglementation thaï en vigueur, une peine de prison de 4 à 20 ans et/ou une amende de 200 000 à 400 000 B peuvent être infligées à quiconque est surpris au cours d'une relation sexuelle avec un(e) prostitué(e) de moins de 15 ans (âge légal dans le pays). Les parents ou les clients qui complotent avec des tiers, pour leur procurer des prostitué(e)s mineurs, encourent des peines similaires, augmentées d'un tiers. Si l'enfant a moins de 13 ans, cela peut aller jusqu'à la prison à vie. De nombreux pays occidentaux ont également mis en place une législation extraterritoriale, susceptible de péna¬liser les citoyens pour des délits liés à la prostitution infantile, commis à l'étranger. Le gou¬vernement thaï invite toute personne à l'aider à mettre fin à ces pratiques, en dénonçant aux autorités compétentes les sévices sexuels à l'encontre de mineurs. A cet égard, les voyageurs qui séjournent en Thaïlande peuvent contacter la police touristique . Officiellement, la prostitution demeure illégale, mais le gouvernement s'est montré soit impuissant, soit peu enclin à faire appliquer la plupart des lois en interdisant la pratique, depuis qu'elle a été bannie. http://www.hotel-thailande.com Source de l'article : http://www.freemag.fr/?expert=Herve_Frederic ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
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