![]() | Qui d'autre veut avoir une audience massive par des articles libres de droits ? Déjà 1794 articles publiés. Publiez vite, vous aussi, vos articles. |
|
ni vendu, ni loué. |
ACCUEIL::
Culture / Photographie La photo, un film onirique par Éloïse BOUTON Cette photographe de 34 ans originaire d'Avignon nous raconte son parcours atypique, comment elle jongle entre portraits-reportages artistiques et clichés pour la presse, sa rencontre avec Antoine d'Agata, sa relation complexe à son appareil photo et son univers cinématonirique. Comment définirais-tu tes photographies ? Je fais du portrait reportage. Ce n'est ni de l'information ni du documentaire. Je pense que mes photographies sont assez difficiles à classer mais restent très personnelles. Cette dimension personnelle m'est essentielle mais rebute parfois les acheteurs potentiels (presse ou autre) et ne me permet pas encore de vivre. Pour qui travailles-tu ? En commande directe, j'ai collaboré avec Télérama et en achat d'images, j'ai travaillé pour Télérama, Le Monde, Les Inrockuptibles, Gala et de nombreux autres titres nationaux. Comment es-tu devenue photographe ? Je suis sortie d'un IUT Métiers du Livre à Aix en Provence en 1997. Puis, j'ai travaillé pendant presque dix ans dans des librairies barcelonaises. J'ai toujours fait de la photographie mais c'est une rencontre à Barcelone qui a été le vrai déclic. J'ai fait la connaissance de David Ruano et suis devenue son assistante. J'ai beaucoup appris avec lui car il était en train de se former lui-même. J'ai démissionné de mon travail et suis retournée à Paris assister le photographe Claude Gassian avec qui j'ai collaboré de 2006 à 2007. Comment t'es tu lancée ? Je n'ai pas eu l'impression de prendre un risque. J'agis toujours avant de réfléchir et quand j'ai démissionné de mon travail je n'ai pas pensé aux conséquences éventuelles. Je voulais faire de la photographie sans vraiment savoir ce que cela signifiait. En 2006, je n'avais aucun contact dans ce milieu. En travaillant avec Claude Gassian, j'ai découvert que ne devenait pas photographe qui voulait. Après ma collaboration avec cet artiste, j'ai appelé des titres de presse afin de décrocher des rendez-vous pour leur présenter mon portfolio. Télérama m'a proposé du travail, mais on me disait souvent que je me cherchais encore. J'ai alors décidé de me spécialiser dans le portrait et de faire un stage pour le studio photographique Le Petit Oiseau Va Sortir. Suite à mon stage, je suis devenue assistante freelance. En deux ans et demis, j'ai développé un réseau de contacts qui m'a permis de me lancer seule en tant que photographe indépendante. Quelle relation entretiens-tu avec ton appareil photo ? J'ai une relation assez complexe, fluctuante voire conflictuelle avec mon appareil photo. Je ne le transporte pas tout le temps avec moi ce que je regrette très souvent. Je répète sans cesse "'c'est dommage que j'ai oublié mon appareil". C'est comme si je me provoquais moi-même. L'année dernière, je me suis imposée un exercice qui consistait à prendre une photographie par jour pendant trois mois. Cette démarche s'est révélée très enrichissante. Je passais mes journées à penser au cliché que j'allais prendre et j'étais sans cesse surprise du résultat qui n'était jamais ce que j'attendais. Quel type de photographies préfères-tu prendre et pourquoi ? J'aime beaucoup l'argentique. J'utilise un numérique Nikon D-700 pour mon travail et les clichés de nuit et un vieux Pentax argentique semi-automatique pour les photographies plus posées . J'aime les lumières et le mystère de la nuit. Dès que le soleil se couche, je sens monter l'adrénaline et les lumières me projettent dans un univers quasi cinématrographique. J'ai pris beaucoup de plaisir à réaliser une série de portraits en studio. En général, les modèles sont mal à l'aise au début car ils ne sont pas habitués à poser. Tout repose sur la relation qui s'instaure entre eux et moi. Ce travail est passionnant d'un point de vue humain. L'imprévu et la pression me plaisent particulièrement. En revanche, je suis gênée quand je sens que mon appareil photo est ressenti comme une agression et une intrusion dans la sphère privée. Comment tes photographies sont-elles perçues ? Un agent à qui j'ai montré mon book il y a deux ans m'a dit que mon travail ressemblait à un film onirique. Cette image m'a plu car je m'y suis reconnue. J'aime les images floues à cause du mouvement et du fait que cela ne représente pas la vraie vie et te transporte ailleurs. Quelles sont tes influences ? Mes influences sont plus cinématographiques que photographiques. Aussi loin que je me souvienne, j'ai eu envie de faire de la photographie en découvrant les illustrations de Miguel-Angel Prado dans son livre "Pierre et le Loup". Je suis aussi une fan inconditionnée de Paulo Roversi. Antoine d'Agata a également été très important dans mon parcours photographique. Je l'ai rencontré dans le cadre d'un workshop intitulé "Aller au bout de ses limites" il y a trois ans. Son univers est très sombre, dans la même veine de Nan Goldin. Il m'a demandé de faire un portrait qui reflètait mes émotions du moment. J'ai eu un déclic. J'ai cru en cette phrase et depuis j'exprime davantage mes sentiments à travers les photos que je prends. Que te manque-t-il aujourd'hui ? Il faudrait qu'à un moment donné une personne influente s'intéresse à mon travail, m'offre des opportunités et ait envie de me faire prendre mon élan. Il me manque cette personne. Découvrez le site de Maud : www.maudbe.blogspot.comContact : maud.be@gmail.com Source de l'article : http://www.freemag.fr/?expert=Eloise_Bouton ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
|